
Gémissements de l'au-delà,
Appels de morts sans voix,
Eppelant le nom de leurs tortures :
Lassés de leur interminable futur
Les défunts rêvent à un nouvel
Eveil, loin de leurs souffrances éternelles.
Et ils meurent sans fin possible,
Sans espoir doux ni plausible.
Gémissements des profondeurs de l'enfer ;
Eclatez au grand jour sur terre,
Reflétés par la noirceur de l'âme humaine,
Alors vous trouverez sans peine
Les chemins d'une mort moins dure,
D'une ascension plus douce et plus sure.
Imaginez le soleil vous éclairer,
Nos c½urs emplis de malheurs torturés
Ecartés de leurs chemins de pitié inondés.
Et ils meurent sans fin possible,
Sans espoir doux ni plausible.
Motivés par leur désir d'ascension, ces âmes,
Eclairées par la plaisante clarté de ces flammes,
Saignent d'autant plus leur sang aigri,
Sali par ces années passées ici,
Au vestibule des pleurs infernaux.
Le désespoir les gagne ; c'est la fin du beau,
Immolé par leurs c½urs impatients,
Ne trouvant que peine et tourment,
Entraînés par leurs pénibles ressentiments.
Et ils meurent sans fin possible,
Sans espoir doux ni plausible.
Viens alors l'aveuglante lumière ;
Amarrés à leurs voiliers éphémères,
Nous apercevons le bonheur des mourants
Emerveillés par la beauté du firmament ;
Sa beauté transcende leurs sens,
Sa violence les transperce telle une lance.
Adieu vie moribonde !
Il est arrivé au paradis.
Meurent-ils vraiment sans fin possible ?
N'y existe-t-il aucun espoir doux ni plausible ?
Chacun au sens qu'il voudrait donner à sa vie
C'est en cherchant le paradis qu'on entre en enfer ;
A trop l'avoir rêvé, on ne peut plus y accéder
Et quoi que l'on fasse, c'est à la raison d'y rester,
Et nos plus beaux vers deviennent vierges de fer.