
Quelle plus horrible et sombre prison
Que celle sans porte ni fond,
Où l'on erre, âmes décharnées,
Squelettes vides et désossés,
Où nous errons dans la sombre clarté,
Dans ces noires catacombes esseulés.
Puis troublés par des rêves immondes,
Nous nous noyons dans ces glauques profondeurs,
Englués dans cet horrible marais,
Reste putréfié d'un brûlant charnier
Où tant et tant se sont embourbés
Pour finalement perdre pied,
Par des relents putrides asphyxiés,
Et par un corps lentement desséché.
Certains ont pourtant cru
Avoir vraiment vécu
Dans un groupe dans lequel ils existaient
Comme des êtres sacrés...
Pathétiques pantins désarticulés
Vous croyez donc ainsi cette humanité
Qui, aussi bien qu'aimer sait mépriser,
Rien ne compte plus qu'un en réalité.
L'amour que l'homme porte
N'est qu'une projection du sien propre.
Individus méprisables et immondes,
Abjects monstres qui se fondent
Dans un masque de compassion
Ayant la domination pour seule ambition,
Les hommes sont tels ;
Gorgés de haine et de fiel.
L'homme est seul parmi les siens
Et mord malgré tout comme un chien
Dès qu'il s'agit de son propre intérêt
Quoique soit celui de la communauté,
Il rage, ils mord, il tue
Au nom de ce qu'il nomme vertu.
Puis il goûte le musc de la sauvagerie
Et respire le sang de la tuerie.
Il jouit de ce doux massacre
Et célèbre ce maudit sacre
Qui transforme l'homme en bête
Et transmute la brise en tempête.
L'homme tente malgré tout d'occulter
Ces immondes et bestiales pensées
Derrière un voile de luxe, de calme et de beauté
Cependant, rien n'y fait,
Vide est le mot qu'est civiliser
Et trop vrai celui qu'est bestialité.
Les enfants d'Adam et Eve
Sont la putréfaction de la pure sève
Dont on leur à dit être nés ;
Rejetons de la brutalité en vérité,
Enfants de la haine avouée,
Nés des germes d'un Satan abhorré.