
Triste et sombre destinée
Que de devoir à jamais
Se passer d'aimer
Ou bénédiction de n'être point enchaîné
A ce vampire sans cesse affamé,
Qui, lentement va vous vider
De votre vie et s'en gorger
Pour vicieusement à l'existence vous arracher
Cet être qui vous enfonce ses canines
Dans le cou jusqu'à la racine,
Pour aspirer en de lentes et douloureuses
Succions perfides mais harmonieuses,
Il est comme un nouveau c½ur,
Père de mort et de douleur.
Il est tellement ignoble et cruel
Qu'il en est beau et clément ;
A la fois meurtrier et innocent,
Douce caresse et venin mortel,
Il dépèce et lacère calmement
Une vie qui sombre misérablement,
Dans le plus horrible et le plus accablant
D'entre tous les tourments.
L'ange de la mort souriant
L'embrasse de sa faux, caressant,
De sa lame, le dernier brin de vie
Qu'il reste au démuni,
Déjà écorché, la chair à vif
Sent la fraîcheur du fil du rasoir ;
Son sanglant c½ur maladif
Sait que l'existence est dérisoire.
Sa présence en ce monde n'est qu'une énorme
Plaisanterie sans fond ni forme,
Il est la lie de l'être humain,
Abaissé en dessous même des chiens,
Il a perdu sa fierté
Et de même sa volonté.
Il se laisse dés lors entraîner
Dans les affres de la bestialité,
Tout est déjà fini
Pour lui.
L'amour est en somme
La plus belle et la pire invention des hommes :
Sentiment le plus apprécié
Et aussi le plus abhorré
Il est malheur et mort
Ou vie et bonheur,
Souvent chaîne, rarement essor,
Souvent poison rarement douceurs
Parfois flamme ou encore passion
Tout le temps larmes, jamais raison.