
Voila la définition du hard rock et du heavy metal par universalis. Une définition qui retrace énormément de styles de musique, leur donnant ici leurs principales caractéristiques. Malgré un parti pris tout à fait énervant, cet article me parait extrèmement interressant pour les amateurs de metal et aussi pour ceux qui ne savent pas différencier certains style de metal entre eux;
Bonne lecture, accrochez vous, cela reste trés interessant !
HARD ROCK ET HEAVY METAL
Issu du blues urbain, du rock britannique et du British blues, le hard rock a pour groupes précurseurs Led Zeppelin et Deep Purple. Le heavy metal, plus brut et répétitif, emprunte parfois des thématiques satanistes. Ces courants sont à l'origine d'une constellation de styles, parmi lesquels le thrash metal, le speed metal ou, à l'opposé, le hard FM.
En France, on appelle « hard rock » les courants du rock influencés par le blues, les formes plus radicales, aux tempos davantage soutenus, étant étiquetées « heavy metal ». Le hard rock prend ses sources dans le blues (avec le riff de guitare de Bo Diddley dans I'm A Man, 1955), le rock anglais tranchant des Who, le British blues et certains morceaux où la surenchère sonore devient une esthétique à part entière, comme le célèbre Born To Be Wild, du groupe américain Steppenwolf (1968, révélé par le film Easy Rider et où l'on entend l'expression « heavy metal thunder »), ou All Right Now (1970), du groupe britannique Free. Certains groupes américains avaient cependant anticipé cette esthétique : ainsi Blue Cheer (avec une version assourdissante du Summertime Blues d'Eddie Cochran en 1968), The Stooges, MC5, Iron Butterfly, Blue Öyster Cult (qui met parfois en présence cinq guitaristes sur scène). Les Américains de Grand Funk (Railroad), fondé en 1968, s'étaient également fait connaître par le surdimensionnement de leur système de sonorisation.
Aux sources du hard rock
Dans les années 1970 au Royaume-Uni, deux courants musicaux apparaissent. Dès 1971, le groupe Black Sabbath dessine dans Paranoid les contours du heavy metal, avec des textes qui ont pour thème la magie noire et l'occultisme et une musique répétitive construite autour de riffs de guitares à base de fondamentales et de quintes ; les instruments sont souvent accordés plus bas que le diapason. En ce qui concerne le hard rock proprement dit, les deux groupes initiateurs du genre sont Led Zeppelin et Deep Purple, qui associent la guitare blues à un jeu de batterie appuyé et violent ; les musiciens sont accomplis, à l'image du bassiste-arrangeur de Led Zeppelin, John Paul Jones. Notons que deux guitaristes venus du blues, Jimmy Page, futur fondateur de Led Zeppelin (1968), et Eric Clapton, avaient, dans les années 1960, expérimenté avec les groupes Cream et The Yardbirds le son saturé et les rythmiques à fort volume ; on voit ces deux guitaristes s'illustrer dans une scène du film Blow Up de Michelangelo Antonioni (1966).
L'instrumentation de base du heavy metal est classique de celle du rock (basse, batterie, guitare, orgue) avec un kit de percussions enrichi d'une double grosse caisse et de nombreux toms et cymbales ; des apports extérieurs (orchestre symphonique, claviers) apparaissent parfois. Les chanteurs des deux groupes fondateurs, Robert Plant, de Led Zeppelin, et Ian Gillan, de Deep Purple, s'expriment d'un chant puissant en voix de poitrine ou de tête ; leur registre est étendu et ils possèdent une large palette d'effets (parlé-chanté, vibrato, trémulation, coup de glotte...).
Essor du hard rock
On retrouve ces ingrédients chez le groupe américain Aerosmith, formé en 1970, qui emprunte beaucoup aux Rolling Stones. Calquée sur l'image du maître Jimi Hendrix, la figure du « guitar hero » va s'imposer dans les années 1970, avec les inévitables amoncellements d'amplificateurs et les démonstrations de virtuosité qui caractérisent les groupes psychédéliques comme Cream. Ainsi, les solos peuvent tourner à la démonstration : le guitariste Ritchie Blackmore, de Deep Purple puis de Rainbow, cite Jean Sébastien Bach ; Jimmy Page, des Yardbirds puis de Led Zeppelin, joue avec un archet ; son compère Jeff Beck étend le langage pentatonique du blues au point de glisser vers le jazz-rock. Même dans le hard rock F.M. (groupes américains Van Halen, Mötley Crüe ou Bon Jovi, allemand Scorpions, britannique Def Leppard), le son reste agressif et distordu. Ce versant plus commercial va réussir à s'ouvrir à d'autres publics, notamment par le succès radiophonique de ballades. Le jeu des guitaristes s'enrichit de nombreux effets ; tapping, hammer-on, utilisation des harmoniques... Le guitariste américain Steve Vai (qui jouera avec Frank Zappa puis David Lee Roth) est l'archétype du musicien complet et cultivé cherchant à exploiter toutes les possibilités de son l'instrument.
Variantes du hard rock et du metal
Aux États-Unis se développe le rock sudiste, qui reprend les accents du boogie-woogie (groupes Molly Hatchet, ZZ Top, Lynyrd Skynyrd) et qui suit une voie parallèle, plus proche du rock « mainstream ».
Dans les années 1980 apparaît une nouvelle vague de heavy metal, qui s'oppose au punk en accentuant le goût pour les traits rapides et les tempos dédoublés. Cette new wave of british metal « qui s'habille en cuir et clous » comprend les groupes britanniques Iron Maiden et Judas Priest, et inspire les Américains W.A.S.P. et Manowar ainsi que les Danois Mercyful Fate.
Le speed metal exagère encore ces caractéristiques par une utilisation systématique de la double grosse caisse et un volume sonore avoisinant parfois 120 décibels en concert, ce qui correspond au bruit d'un avion gros porteur au décollage ! Parmi les groupes représentatifs de ce courant, citons les Américains Anthrax , les Allemands Helloween (Walls Of Jericho, 1986) et Blind Guardian (Battalions Of Fear, 1988). Ted Nugent, le vétéran américain du heavy rock, avait prévenu les générations futures : « Quand c'est trop fort, c'est que tu es trop vieux. »
Les Australiens d'AC/DC perpétuent l'héritage du blues-rock vendeur fait de riffs lourds et libéré de poses trop connotées.
Les Britanniques de Motörhead (créé en 1975) influenceront beaucoup de variantes du heavy metal qui vont suivre, en particulier certains groupes de thrash metal.
À partir de 1983, le thrash metal voit l'émergence de groupes comme Metallica (Kill' Em All, 1983), Slayer (Show No Mercy, 1984), Testament ou Kreator. La musique se radicalise par des tempos très rapides, des voix qui deviennent hurlements et l'adhésion à un primitivisme sonore qui rejette l'harmonie tonale.
Le death metal utilise le grognement ou le rugissement comme émission vocale, une certaine forme d'atonalité et les contrastes dans la rythmique. Le son des guitares saturées est souvent étouffé (technique du mute). Les groupes apparentés à ce style sont The Possessed (Seven Churches, 1985), Death (Scream Bloody Gore, 1987), Morbid Angel (Altars Of Madness, 1989), Deicide, Entombed...
On reprochera souvent au heavy metal la reproduction mécanique de codes vestimentaires et musicaux entraînant une sorte de consanguinité musicale, facteur de dégénérescence. Mais, parmi les groupes de metal (Machine Head, Pantera), les Brésiliens de Sepultura, proposent, entre le death metal et le thrash metal, une musique qui transcende les lois du genre grâce à des apports extérieurs assimilés. Au départ influencés par Slayer, ils trouvent leur voie grâce à des textes politisés et à une utilisation d'instruments ethniques (Chaos A. D., 1993 ; Roots, 1996).
De son côté, Anthrax confère à son speed metal presque punk une certaine dose d'humour et collabore avec le groupe de rap Public Enemy. Rage Against The Machine emprunte également au rap un certain phrasé du chant et un esprit de contestation. La musique, sans artifice technologique, utilise le metal comme un vecteur et non comme une fin en soi. Apparu à la fin des années 1990, le neo metal perpétue cet héritage grâce à Korn, qui utilise des samples de batteries, Slipknot, Limp Bizkit, au chant très rap, Deftones, ou les Français de Pleymo.
Le black metal à la thématique satanique est promu par Venom dans l'album Black Metal (1982). Il bénéficie d'un certain renouveau vers 1990 avec Marduk, Mayhem, ou Darkthrone, Burzum et Dimmu Borgir. Ces deux derniers groupes se particularisent par l'emploi de claviers.
À partir de 1990, le metal progressif, représenté par les Américains de Dream Theater, les Allemands de Vanden Plas ou les Brésiliens de Angra, intègre des claviers et s'inspire du rock progressif des Britanniques Marillion et des Canadiens Rush pour proposer de longues pièces, toujours très techniques.
Alors que le hard rock est écouté par un large public socialement intégré au point d'être classé dans la catégorie « adult-oriented rock », les diverses formes extrêmes de heavy metal touchent plutôt des adolescents en rupture, fascinés par les thématiques morbides véhiculées par des jeux vidéo et un certain cinéma gore, et qui en arrivent parfois à confondre l'imaginaire fantasmé et la réalité. Mais, si certains faits divers sanglants ont été effectivement initiés par des fans de heavy metal s'adonnant au satanisme, il ne faut pas pour autant sous-estimer la dose d'humour qui existe dans ces univers musicaux. La majorité des jeunes « mordus » partagent en effet avec les musiciens un goût du second degré prononcé (mis en évidence dans le film parodique This is Spinal Tap de Rob Reiner, 1984).