
Temps, pourquoi t'enfuis tu ?
Pourquoi m'avoir éloigné
De cet astre doré ?
Que de vie perdue.
Briser mon coeur ne te suffit plus ?
Faut il que mon âme tu détruises en plus ?
M'arracher le soleil de ma vie déchue
Aussi vite qu'il est venu ?
Ris donc de mon malheur ;
Gémissant de douleur
Mon coeur se fane ;
Ebloui par des beautés profanes,
Résiste et se meurs,
Immolé dans des flammes de douleur,
Terrifié à l'idée de la perdre encore
Et de ce que lui réserve le sort.
Le temps fuis si vite
Et emporte tout dans sa suite,
Empêche la rose d'éclore
Et de dévoiler ses trésors ;
Comment admirer la beauté d'une telle fleur
Sans que soit venue l'heure ?
Un jardin peut-il faire en un jour
Pousser la fleur du toujours ?
Malheureux sont ceux
Autant tristes qu'heureux,
Rattrapés par un avenir douloureux,
Galvaudant un futur faussement radieux
Un avenir de bonheur imaginé.
Enraciné dans leurs coeurs lésés ;
Rayons d'un soleil aveuglant,
Implacables souvenirs accablants
Ternis par une douleur rêvée
Et cette douleur exacerbée.
Mais pourquoi sont ils les victimes
De ce choix insensé
Malgré eux exaucé
Pour leur être si infime.
Je te demande aujourd'hui ;
Te plairait-il de vivre une éternelle nuit ?
Souhaites tu
Une existence abattue,
Heureuse et vide ou encore une
Vie pleine, triste et importune ?
Bonne ou mauvaise, quelle qu'elle soit,
Vis et ne te lamentes pas.
Déjà je ressens une ultime caresse,
Un dernier semblant de tendresse.
C'en est bien fini,
Maintenant, c'est la nuit.